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Ils sont là, silencieux, souvent incompris. En Afrique, les enfants autistes portent à eux
seuls le poids de l’ignorance et des croyances. Alors que la science avance, une question
s’impose : pourquoi l’autisme est encore si peut connu en Afrique? Pourquoi les autistes sont-ils encore apparentés aux mythes sur le continent?

L’autisme fait partie des troubles du neurodéveloppement (TND). Il se manifeste dès la
petite enfance (avant l’âge de 36 mois). Il des conséquences à différents niveaux et
degrés sur les sphères développementales de l’enfant. Les conséquences ont le plus


souvent des répercussions au niveau de l’autonomie, des interactions et de la participation
sociales de la personne autiste. Il est donc important de pouvoir poser un diagnostic et
intervenir le plus précocement possible. Il faut aussi respecter les recommandations des
bonnes pratiques professionnel de la Haute autorité de la santé.

Les symptômes de l’autisme

L’expression des symptômes de l’autisme étant très variables d’un individu à l’autre, on
parle du spectre de l’autisme afin de prendre en compte l’hétérogénéité des troubles. La
communauté scientifique et médicale s’accorde pour définir une dyade autistique
regroupant l’ensemble de ces symptômes dans les domaines :

de la communication sociale et des interactions sociales, d’une part. Des comportements, activités ou intérêts restreints ou répétitifs, d’autre part.
Une personne autiste peut présenter à tout âge la totalité ou une partie de ces symptômes
fréquents, non exhaustifs :

– champs d’activités / d’intérêts restreints

– difficultés à s’intégrer socialement (retrait social ou, à l’inverse, sollicitations sociales
présentes, voire nombreuses, mais considérées comme inadaptées)

-trouble de la communication non verbale (par exemple, évitement du contact visuel)

-difficulté à comprendre/déceler les sentiments d’autrui

-langage absent ou troubles du langage ou retard de langage, ou, au contraire,
développement typique du langage, voire précoce (avec un langage riche et un lexique
élaboré, mais une communication « particulière »)

-tendance à répéter des syllabes, mots ou expressions stéréotypées (écholalies)

-comportements répétitifs (ex. balancements, torsion de membres)

-difficulté à s’adapter aux changements de routine / d’environnement
hyper- ou hypo-sensorialité (aux sons, à la lumière, aux odeurs, aux goûts etc.)

Les causes de l’autisme

Pour la majorité des personnes autistes, il n’existe pas une seule cause identifiée via un
examen médical. Certains facteurs environnementaux ont été mis en évidence : neuro-
inflammation, virus, prise de certains médicaments (cf. Dépakine) durant la grossesse…


Cependant, ni les vaccins, ni la maladie cœliaque, ni les caractéristiques psychologiques
des parents ne sont facteurs de risques d’autisme chez les enfants. La composante
génétique prédomine avec, dans certains cas, une seule mutation responsable de


l’autisme qui peut apparaître de novo — c’est-à-dire apparaître chez l’enfant alors qu’elle
était absente chez les parents. Dans d’autres cas, c’est la combinaison de plusieurs
variations génétiques qui vont augmenter la probabilité de développer un autisme.

En plus des 200 gènes déjà associés à l’autisme, de nouveaux gènes sont régulièrement identifiés. Les études ont également révélé qu’une part importante des variations génétiques associées à l’autisme sont partagées par d’autres conditions. Des conditions telles que les troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) et la déficience intellectuelle.

L’autisme en Afrique

Estimé il y a quelques années à un enfant sur 160 par l’Organisation mondiale de la Santé,
le taux de prévalence de l’autisme ne cesse d’augmenter. Au Kenya par exemple, la
Société kényane de l’autisme (ASK) estime que 1 enfant sur 25 serait concerné, un taux
supérieur à la moyenne mondiale avancée par l’OMS. Au Maroc, selon l’ONG « Vaincre
l’Autisme », ce trouble du développement concerne 12.800 naissances par an.

En Côte d’Ivoire, on estime qu’un enfant sur 100 est atteint par ces troubles du développement. Des chiffres élevés qui pourraient être encore plus importants, vu les difficultés de diagnostic de ce troubles dans la majorité des pays du continent. Car en Afrique plus qu’ailleurs, rien n’est fait pour les enfants autistes.


Dans les quatre coins du continent, l’autisme est souvent associé à une malédiction
divine. Chez d’autres des enfants sorciers ou même la réincarnation du diable dans certaines zones
rurales. Ces fausses croyances, courantes dans la perception des afflictions mentales du continent, sont aussi un obstacle au diagnostic, sans oublier le manque de structures
adaptées et la rareté des médecins spécialisés.

Les approches de solutions

Le 02 Février a été choisi comme journée mondiale de sensibilisation à l’autisme et à cette
occasion, des décisions sont prises dans certains états et leur engagement
d’accompagner les personnes atteints d’autisme. Dans certains pays comme le Togo et la
côte d’Ivoire les mesures de prises en compte de ces personnes vulnérables voient le jour
petit à petit.

L’autisme est l’une des maladies sur lequel on a le moins d’informations mais qui pourtant
a de sérieuses répercussions sur la santé de ceux qui sont atteints. Mais ne touchant pas
que leur santé, il a aussi des répercussions sur leur vie sociale, n’étant pas acceptés dans
la société comme il se doit.

Ceci dit, ce phénomène est pire en Afrique où la moindre anomalie est qualifiée de sorcellerie. Des décisions se prennent pour l’amélioration de la vie des autistes. Est-ce que ces décisions suffiront à les faire accepter dans la société ?

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