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Principaux points à retenir
  • L'USAID, fondée en 1961, cesse ses activités après plus de 60 ans d'aide humanitaire et de développement.
  • La fermeture est motivée par un recentrage budgétaire sur les priorités intérieures et une politique plus isolationniste.
  • Des figures politiques, dont Obama et Bush, expriment des inquiétudes sur le vide humanitaire laissé par cette cessation.
  • Des millions de personnes, surtout dans des pays fragiles, seront impactées par l'absence de financement de l'USAID.
  • Cette décision pourrait redéfinir les rapports de force géopolitiques, avec une montée en puissance de la Chine et d'autres acteurs.

Fondée en 1961 par John F. Kennedy, l’USAID a financé des milliers de projets humanitaires et de développement dans le monde. Construction d’écoles, vaccination, agriculture durable, ou encore programmes alimentaires d’urgence. Sa disparition ouvre désormais une période d’incertitude majeure pour de nombreux pays en développement.

La fin de l’USAID : une décision qui marque un tournant historique

C’est un séisme géopolitique et humanitaire. Après plus de 60 ans d’existence, l’USAID (Agence des États-Unis pour le développement international) ferme ses portes. La décision, impulsée par l’administration Trump–Rubio, a été officialisée lors d’une allocution conjointe à Washington fin juin 2025. Selon Marco Rubio, actuel Secrétaire d’État, « l’Amérique doit recentrer ses priorités intérieures », confirmant ainsi l’aboutissement d’un processus amorcé depuis 2020.

Pourquoi l’USAID ferme-t-elle ses portes

Les raisons invoquées par la Maison-Blanche sont doubles :

Un recentrage budgétaire strict sur la dette et la sécurité intérieure. Et une philosophie politique plus isolationniste, prônée depuis la première présidence Trump.

Marco Rubio a rappelé que « les milliards de dollars injectés chaque année à l’étranger doivent désormais soutenir les infrastructures américaines et la relance post-Covid ».

Ce qui reste de l’USAID sera désormais intégré au Département d’État américain, sous la direction du secrétaire d’État Marco Rubio. « Le 1er juillet, l’USAID cessera officiellement de mettre en œuvre l’aide à l’étranger », a écrit Marco Rubio.

Il a précisé que « les programmes d’aide à l’étranger qui s’alignent sur les politiques de l’administration et qui servent les intérêts américains seront administrés par le département d’État, où ils seront mis en œuvre avec plus de responsabilité, de stratégie et d’efficacité ».

Une orientation approuvée par une majorité républicaine, mais qui suscite de vives critiques des démocrates et d’anciens présidents.

Les réactions internationales et nationales

Barack Obama, George W. Bush et même d’autres grandes figures ont exprimé leur « profonde inquiétude » face à cette décision. Dans un communiqué commun relayé par CNN et le New York Times, ils dénoncent une « rupture morale » et craignent un vide humanitaire qui sera « très vite comblé par la Chine et la Russie », déjà très actifs en Afrique et en Asie centrale.

crédit photo: google

De son côté, l’Union européenne a appelé à une coordination d’urgence pour combler les trous béants que laissera l’USAID. Notamment dans les domaines de la santé maternelle, de l’eau potable et de la lutte contre la faim.

Les conséquences pour les pays bénéficiaires

La fin de l’USAID va impacter des millions de personnes, surtout dans les pays les plus fragiles. En 2024, l’agence finançait encore : des programmes de lutte contre la malnutrition au Yémen et en Somalie, des aides agricoles au Burkina Faso et au Népal, ou encore des projets éducatifs pour les jeunes filles en Haïti et au Pakistan.

De nombreux experts estiment qu’en l’absence de relais rapides, les effets pourraient être catastrophiques, provoquant hausse de l’insécurité alimentaire, recul des taux de vaccination et aggravation des crises migratoires.

Une recomposition de l’aide mondiale en perspective

crédit photo: google

Si la fin de l’USAID est actée, elle pourrait paradoxalement redistribuer les cartes : la Chine via l’initiative des « Nouvelles routes de la soie » ou encore la Turquie et le Qatar semblent déjà se positionner pour renforcer leur soft power humanitaire.

Pour certains analystes, cette décision historique pourrait donc rebattre les rapports de force géopolitiques, au détriment de l’influence occidentale traditionnelle.

Une page se tourne

Quoi qu’il arrive, la fin de l’USAID reste un marqueur du temps : celui d’un repli américain qui redéfinit les équilibres du globe. Pour des millions de bénéficiaires, c’est aussi un quotidien qui risque de devenir encore plus incertain.