Principaux points à retenir
  • Le patrimoine mondial de l'UNESCO protège plus de 1 200 sites culturels et naturels d'importance universelle.
  • Trois sites africains, dont les Bijagos, sont en lice pour rejoindre cette liste prestigieuse.
  • Les menaces du changement climatique et des conflits rendent la protection de ces sites d'autant plus urgente.

Le patrimoine mondial de l’UNESCO regroupe des sites culturels et naturels jugés d’importance universelle. Que l’humanité tout entière s’engage à protéger et à transmettre aux générations futures. L’objectif est double : préserver la diversité culturelle et naturelle de la planète, tout en sensibilisant les populations à leur valeur exceptionnelle. Aujourd’hui, plus de 1 200 sites à travers le monde portent ce label prestigieux. Symbole d’un héritage commun à défendre face aux menaces climatiques, aux conflits ou à la pression humaine.

Trois joyaux africains en lice pour rejoindre le patrimoine mondial

Cette semaine, le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco examine environ 30 sites venus des quatre coins du monde. L’enjeu ? Décider lesquels rejoindront la prestigieuse liste des biens inscrits au patrimoine mondial de l’humanité. Qui compte déjà plus de 1 200 merveilles culturelles et naturelles. Parmi les candidats, trois sites africains retiennent particulièrement l’attention. Notamment l’archipel des Bijagos en Guinée-Bissau, les forêts de Gola Tiwai en Sierra Leone et le paysage culturel Diy-Gid-Biy des Monts Mandara au Cameroun.

L’archipel des Bijagos : un trésor écologique en Guinée-Bissau

crédit photo: google

Situé au large de Bissau, capitale de la Guinée-Bissau, l’archipel des Bijagos (ou Bissagos) se compose de 88 îles et îlots. Ce territoire abrite une biodiversité exceptionnelle, avec des mangroves majestueuses, des forêts luxuriantes et une faune marine abondante.

Les Bijagos sont également un sanctuaire pour les oiseaux marins, comme les sternes, et un haut lieu de pêche traditionnelle. Pour l’Unesco, classer cet archipel permettrait de protéger un écosystème fragile, déjà sous pression du fait du changement climatique et de la montée des eaux.

Sierra Leone : les forêts tropicales de Gola Tiwai

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Au sud-est de la Sierra Leone, les forêts de Gola Tiwai constituent la plus vaste zone de forêt tropicale humide encore intacte en Haute-Guinée. Cet ensemble forestier couvre plus de 700 km² et renferme une incroyable richesse écologique.

On y trouve notamment des espèces menacées telles que l’éléphant de forêt et plusieurs primates rares. Classer ce site au patrimoine mondial renforcerait les mesures de conservation et attirerait davantage d’investissements pour la gestion durable de ces forêts, vitales pour la lutte contre le réchauffement climatique.

Cameroun : le paysage culturel des Monts Mandara

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Au Cameroun, c’est le paysage culturel Diy-Gid-Biy (DGB) des Monts Mandara qui espère intégrer la liste. Ce site exceptionnel, partagé avec le Nigéria, s’étend sur 22 km² et comprend seize structures monumentales en pierre sèche.

Ces murailles témoignent de l’ingéniosité des sociétés anciennes à se protéger et à organiser leur territoire, à l’instar des célèbres ruines du Grand Zimbabwe. Leur classement constituerait une reconnaissance internationale de l’histoire et du savoir-faire architectural de cette région.

Une attention accrue pour l’Afrique

L’Unesco fait de l’Afrique une priorité stratégique depuis plusieurs années. Beaucoup de pays africains restent encore sous-représentés sur la liste du patrimoine mondial. Ces nouvelles candidatures illustrent donc la volonté de combler ce déséquilibre.

Changement climatique et conflits : des menaces grandissantes

Les sites du patrimoine mondial ne sont pas épargnés par les crises. Selon l’Unesco, près de 75 % d’entre eux subissent déjà des risques hydriques majeurs, entre pénuries et inondations. Par ailleurs, sur les 56 sites actuellement classés en péril, la moitié le sont en raison des conflits armés, notamment au Moyen-Orient.

L’organisation continue d’ailleurs de surveiller activement, grâce aux images satellites, les dégâts infligés aux sites culturels de Gaza depuis octobre 2023, et prévoit de reprendre des opérations de sauvegarde dès que la situation le permettra. En Syrie, elle a annoncé la reprise de ses activités pour protéger le musée national de Damas et les monuments d’Alep.

 Une semaine décisive pour le patrimoine africain

Si l’archipel des Bijagos, les forêts de Gola Tiwai et le paysage culturel Diy-Gid-Biy décrochent leur inscription, ce sera un pas immense pour la préservation de l’héritage africain. Cela renforcerait aussi la sensibilisation des communautés locales et internationales à la nécessité de protéger ces trésors menacés.