Principaux points à retenir
  • Le documentaire « Toukpè » explore les alliances interethniques en Côte d'Ivoire, essentielles à la cohésion sociale.
  • Le film aborde un conflit entre les Baoulé et les Bron, mettant en avant des mécanismes ancestraux de réconciliation.
  • Soutenu par Raymonde Goudou Coffie, le projet promeut un message de paix à l'approche des élections de 2025.
  • Le film sera projeté nationalement, en collaboration avec la Chambre des rois et chefs traditionnels du pays.
  • « Toukpè » rappelle l'importance de la culture pour désamorcer les tensions communautaires et construire la paix.

Ce 4 août 2025 à Abidjan, le cinéma ivoirien s’est enrichi d’une œuvre singulière avec la projection en avant-première de « Toukpè : La force de la tradition » au Majestic du Sofitel Hôtel Ivoire. Réalisé par Charles Kouakou, ce documentaire de 52 minutes explore les alliances interethniques, un héritage culturel souvent méconnu, mais essentiel à la cohésion sociale en Côte d’Ivoire.

Un récit inspiré des traditions ivoiriennes

Le film met en scène un conflit opposant deux communautés, les Baoulé et les Bron, suite à un drame familial. Alors que les tensions menacent de dégénérer, les autorités coutumières s’appuient sur les mécanismes ancestraux d’alliances interethniques pour rétablir le dialogue. D’autres exemples, comme ceux entre Sénoufo et Yacouba, viennent illustrer la force de ces traditions.

Au-delà de la fiction documentaire, Toukpè invite à redécouvrir ces pactes de fraternité, connus pour prévenir les violences et renforcer la solidarité entre ethnies.

Un projet citoyen et culturel

Le film bénéficie du soutien de Raymonde Goudou Coffie, ministre-gouverneure du District autonome des Lacs, qui en est également l’initiatrice. Son objectif : promouvoir un message de paix et de réconciliation à l’approche des élections présidentielles d’octobre 2025.

« Toukpè » sera d’abord projeté dans les salles obscures, avant d’entamer une tournée nationale orchestrée en collaboration avec la Chambre des rois et chefs traditionnels, ainsi que le ministère de la Culture.

Une réception saluée par les institutions

La projection a réuni plusieurs membres du gouvernement et responsables culturels.

  • Françoise Remarck, ministre de la Culture, a souligné l’importance du cinéma comme outil de mémoire et de cohésion.
  • Myss Belmonde Dogo, ministre de la Cohésion nationale, a rappelé la nécessité d’initiatives capables de prévenir les tensions communautaires.
  • Amadou Coulibaly, ministre de la Communication, a mis en avant la responsabilité des médias dans la diffusion d’un tel message.

Tous ont reconnu la pertinence d’un film qui réactualise une pratique traditionnelle pour répondre aux enjeux politiques et sociaux actuels.


Pourquoi « Toukpè » marque une étape clé

  • Un rappel historique : le film valorise des pratiques anciennes qui avaient pour but de désamorcer les conflits entre ethnies voisines.
  • Un outil de prévention : il intervient dans un contexte électoral sensible où les fractures identitaires peuvent être exploitées.
  • Un héritage vivant : en montrant que les traditions peuvent inspirer le présent. « Toukpè » redonne une place centrale à la culture dans la construction de la paix.