En Inde, malgré les lois contre les violences sexuelles, des cas de « mariage réparateur » continuent d’émerger. Il s’agit d’un concept qui permet au violeur d’épouser la victime pour échapper à la justice.

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Un héritage social ou une réalité légale ?

Dans certaines régions conservatrices de l’Inde, la victime d’un viol est souvent perçue comme « déshonorée », ainsi le mariage avec l’agresseur est présenté comme une solution de compromis qui est de préserver la réputation de la victime au prix de sa liberté et de sa dignité. Une pratique qui n’a aucune base légale.

Des cas judiciaires problématiques

  • En 2013, un juge de la cour suprême a demandé à un homme accusé de viol s’il accepterait d’épouser la victime. Cette déclaration a suscité une indignation nationale et internationale.
  • Il y a 5 mois, une cour de justice a libéré un homme accusé de viol à condition qu’il épouse sa victime dans un délai de 3 mois.

Ces cas ne sont pas le règlement mais ils révèlent l’ambiguïté de certains acteurs des institutions judiciaires face aux normes traditionnelles permanentes.

Une société en révolution

  • Depuis le viol collectif et meurtrier de 2012 à New Delhi, l’Inde a adopté une série de réformes visant à renforcer les lois sur les violences sexuelles.
  • Les changements du Code pénal en 2013 ont élargi la définition du viol, durci les peines, et permis un excellent accompagnement des victimes.
  • En 2021, la Cour suprême a rappelé que proposer un mariage au lieu d’une condamnation pénale dans une affaire de viol était inacceptable.
  • Le Fonds des Nations Unies a recensé 20 pays appliquant encore cette loi, parmi lesquelles on compte : Irak, Syrie, Libye, Algérie, Philippines, Thaïlande, Afghanistan, Pakistan, et Bangladesh.

La réaction des associations

Les associations féministes indiennes dénoncent le mariage réparateur comme  » une double peine« . Pour elles, il s’agit d’une logique patriarcale dans laquelle l’honneur familial prime sur la justice et les droits fondamentaux.

Si le système juridique évolue, les mentalités restent marquées par une vision ancestrale de la sexualité et de l’honneur féminin. Ne faut-il pas des lois solides, une éducation aux droits humains et à l’égalité pour que justice soit faite ?