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- Près de 53 mille milliards Fcfa quittent l'Afrique chaque année à cause des flux financiers illicites.
- Les pratiques commerciales frauduleuses représentent près des deux tiers des pertes financières en Afrique.
- Les flux financiers illicites minent la confiance dans les institutions et freinent la croissance économique.
- Réduire ce phénomène est vital pour libérer le potentiel économique du continent.
Chaque année, l’Afrique voit s’évaporer des sommes colossales. Selon un rapport de l’Union africaine, près de 53 mille milliards Fcfa quittent le continent illégalement à cause de la corruption, de la fraude fiscale et du blanchiment d’argent. Ce phénomène, regroupé sous l’appellation de flux financiers illicites, représente l’un des plus grands obstacles au développement économique africain.
Les flux financiers illicites, un fléau silencieux
Les flux financiers illicites désignent toutes les transactions transfrontalières illégales. Qu’il s’agisse de fausse facturation, de manipulation abusive des prix, de fraude fiscale ou encore de blanchiment d’argent. En 2015, ces pertes étaient estimées à 50 milliards de dollars par an. Elles devraient atteindre 53 mille milliards Fcfa en 2025, soit une hausse de 76 % en dix ans.
Ces montants astronomiques équivalent à près de la moitié des financements annuels nécessaires pour que l’Afrique atteigne ses objectifs de développement durable, estimés à 194 milliards de dollars.

Les pratiques commerciales frauduleuses au premier plan
Près des deux tiers de ces pertes proviennent de pratiques commerciales frauduleuses. Les secteurs les plus touchés sont ceux du commerce international et de l’extraction des ressources naturelles.
On retrouve parmi les exemples les plus marquants :
-la sous-déclaration du pétrole brut,
-la dissimulation de la valeur réelle des diamants, du coltan ou de l’or,
-la manipulation des prix sur des produits comme le bois ou les crevettes.
Ces pratiques privent les États de milliards de recettes fiscales qui pourraient financer des écoles, des hôpitaux ou des infrastructures.
Corruption, criminalité et terrorisme
Les flux financiers illicites ne se limitent pas aux failles commerciales. Ils incluent également :
-la corruption (pots-de-vin, détournements de fonds publics),
-l’économie criminelle (trafic de drogue, d’armes, d’espèces sauvages, traite des êtres humains),
-le financement du crime organisé et du terrorisme.
Ces activités clandestines fragilisent les économies locales, alimentent l’insécurité et creusent les inégalités sociales.

Un frein majeur à la croissance
Au-delà des chiffres, l’impact est immense. Ces pertes assèchent les ressources publiques, découragent l’investissement et ralentissent la croissance économique. Les flux financiers illicites minent la confiance des citoyens dans les institutions et accentuent la dépendance aux financements extérieurs.
Réduire ce phénomène est donc une condition essentielle pour libérer le potentiel du continent et favoriser une croissance inclusive.
