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Depuis toujours, l’Afrique a été racontée par d’autres mais une nouvelle génération de créateurs africains et issus de la diaspora change la donne. Parmi eux, Sally, alias Crazy Sally s’impose avec son projet documentaire Motherland.
En effet, avec Motherland, Sally part à la rencontre des habitants de plusieurs pays du continent, pour donner une image plus juste, plus intime, plus vivante. Après avoir posé sa caméra au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, etc ; elle prépare un épisode très attendu consacré au Bénin.
La diaspora au cœur de la réalisation
Issue de parents camerounais et marocains, elle a grandi en France et son parcours illustre bien le rôle central de la diaspora dans le renouvellement des récits africains.
Elle n’est pas la seule à suivre ce chemin, d’autres cinéastes de la diaspora s’imposent sur la scène internationale :
- Mati Diop, Franco-Sénégalaise, lauréate du Grand Prix à Cannes en 2019 pour Atlantique,
- Alain Kassanda, réalisateur congolais installé en Europe, primé pour son documentaire Congo, un médecin pour sauver les femmes.
Tous partagent une même volonté : reprendre le contrôle du récit africain.
Motherland, un projet unique
Née sur YouTube, la série documentaire Motherland est un pari audacieux. La vidéaste franco-camerounaise et marocaine, y consacre du temps et de l’énergie pour s’immerger dans les pays visités. Elle s’installe un mois sur place, échange avec les habitants, explore les traditions, les réalités sociales, mais aussi les rêves de la jeunesse.
Contrairement aux formats courts, Motherland prend le parti de la proximité. On y voit plusieurs personnalités qui racontent leur quotidien ; ainsi l’Afrique n’est plus un décor mais une voix plurielle.
L’épisode sur le Bénin, annoncé mais encore tenu secret, suscite beaucoup d’attente. Riche de son histoire et de sa culture, ce pays est un lieu de mémoire mais aussi un espace de créativité contemporaine. Ainsi on s’attend surtout à ce qu’elle explore autant les traditions (comme le Vodoun, inscrit dans le patrimoine immatériel) que les dynamiques modernes (jeunesse connectée, entrepreunariat, arts visuels).
Un nouveau monde du documentaire africain
Pendant longtemps, les documentaires consacrés à l’Afrique ont été produits par des étrangers mais la nouvelle génération change cette logique.
Avec des projets comme Motherland, le documentaire africain devient militant et authentique, il ne s’agit pas seulement de montrer l’Afrique néanmoins de la raconter de l’intérieur. Les sujets abordés vont des traditions à la modernité, des valeurs spirituelles à la créativité numérique.
YouTube a permis à Sally de toucher une première communauté, également BrutX, Netflix ou encore Canal+ Afrique qui offrent aujourd’hui des vitrines plus larges à ces productions. Son avant-première a eu lieu le 25 septembre 2025 au Grand Rex à Paris. Pour les publics, il s’agit de voir leur réalité reflétée sans filtre.

Avec Motherland, Sally n’offre pas seulement un documentaire : elle propose un regard neuf sur l’Afrique. L’attente autour de l’épisode consacré au Bénin témoigne de l’importance de ce mouvement.
Au-delà de Sally, c’est toute une vague de créateurs africains et diasporiques qui s’imposent avec un objectif clair : reprendre la caméra et reprendre la parole, redonner à l’Afrique sa dignité, sa diversité et sa modernité.
