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Depuis mai 2025, le gouvernement fédéral du Nigeria a franchi une étape décisive vers la promotion de l’industrie locale. Par décret présidentiel, tous les ministères, agences fédérales et institutions publiques sont désormais tenus de donner la priorité aux produits « Made in Nigeria » lors de leurs achats et approvisionnements.
Une politique nationale pour relancer l’industrie locale
Cette décision, annoncée officiellement par le ministre de l’Information Mohammed Idris Malagi, vise à « inaugurer une nouvelle ère d’entrepreneuriat local, de confiance en soi et de fierté nationale ». L’objectif est clair : soutenir la production nationale, renforcer l’économie locale et créer des emplois pour les jeunes Nigérians.
Des importations en forte hausse
Le contexte économique justifie cette initiative. Rien que sur le dernier trimestre de 2024, la facture d’importation du Nigeria s’est envolée à plus de 10 milliards de dollars, marquant une hausse spectaculaire de 83 % par rapport à la même période l’année précédente.
Parmi les produits les plus importés figurent les panneaux solaires, avec près de 200 millions de dollars dépensés, principalement pour des équipements en provenance de Chine. Une dépendance extérieure qui pèse lourdement sur la balance commerciale du pays.
Une interdiction d’importation des panneaux solaires
En mars 2025, dans un élan protectionniste, le gouvernement avait annoncé l’interdiction totale d’importer des panneaux solaires. Cette mesure visait à stimuler l’industrie locale de fabrication d’équipements solaires. Cependant, face aux nombreuses alertes des ONG et d’experts du secteur, le gouvernement a été contraint de suspendre cette interdiction.
Selon l’Agence nationale pour l’électrification rurale, près de 40 % des Nigérians n’ont toujours pas accès à l’électricité. Une interdiction brutale aurait aggravé la situation énergétique dans un pays où les besoins sont criants.
Désormais, le gouvernement conditionne la mise en œuvre de cette interdiction à la capacité réelle des industriels locaux à répondre à la demande nationale.
Une vision à long terme, mais des défis immédiats
La politique du « buy made in Nigerian » est porteuse d’ambitions claires : réduction du chômage, souveraineté industrielle, stabilité économique. Toutefois, plusieurs défis restent à relever. Les infrastructures industrielles sont encore faibles, les coûts de production locaux restent élevés, et la qualité des produits made in Nigeria doit encore convaincre certains acteurs.
Le succès de cette politique dépendra donc de la capacité du gouvernement à accompagner les industriels locaux : formations, allègements fiscaux, accès au crédit, amélioration des chaînes logistiques…
Une opportunité pour repositionner l’économie nigériane
Le Nigeria, première économie d’Afrique en termes de PIB, entend utiliser cette réforme comme un levier pour retrouver sa souveraineté industrielle. Cette nouvelle orientation est en phase avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Qui encourage la transformation locale des produits et la consommation intra-africaine.
En outre, dans les mois à venir, l’évolution des marchés publics nigérians sera scrutée de près. Tant par les partenaires économiques que par les observateurs de la politique industrielle en Afrique de l’Ouest.
Vers un patriotisme économique assumé
Le choix du Nigeria d’imposer le Made in Nigeria dans ses marchés publics représente bien plus qu’une simple politique économique. C’est un message fort adressé à la jeunesse. Aux entrepreneurs et aux industriels : le développement national doit venir de l’intérieur.

Pour réussir, il faudra une volonté politique constante, un accompagnement structuré et une adhésion collective. Mais surtout, il faudra croire en la qualité, la résilience et l’innovation nigériane.
